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Le Jardin des Phacélies

Existe depuis le printemps 2007

Le premier terrain qui a été mis à disposition de l'association est un ancien verger d'une superficie de 2000 m², dans le quartier du Moulin, à Digne les Bains. Il appartient pour deux tiers à une propriétaire privée, domiciliée dans une maison attenante, et pour un tiers à la commune.

Le terrain est organisé en parcelles individuelles, au nombre de 12 actuellement, d'une surface de 70 m² chacune. Un espace collectif a été organisé pour un cabanon accueillant l'outillage commun, des bacs à compost et des étagères de rangement.

Le groupe de jardiniers adhérents s'est d'abord constitué par contact direct et par bouche à oreille. C'est ainsi que 12 adultes ont investi le jardin en mars 2007, par une première journée de travail collectif organisé par l'animatrice, qui a invité également les autres adhérents et sympathisants de l'association. La délimitation des parcelles, le bêchage de la terre, la confection des canaux d'irrigation, la réalisation de bacs de compostage, ont été les travaux de la journée. Chacun a ensuite pris sa parcelle en charge et réalisé ses premiers semis.
 
La cohérence du groupe s'est mise en place petit à petit, au fil des actions et des décisions communes, certains se connaissaient déjà, d'autre pas. Peu à peu, se sont forgés des liens, des complicités, des affinités. Du côté des enfants aussi, le partage d'un formidable terrain de jeu et de découverte de la nature a été l'occasion de moments inoubliables, le jardinage avec les adultes, les oeufs de Pâques dans les buissons, les pique-nique et les grillades...

De toutes les décisions du groupe, la première fut de nommer le Jardin : une discussion animée, lors de la première réunion, a abouti au choix de la première plante semée dans les parcelles, un engrais vert nommé... Phacélie...

La première année de culture a vu ses réussites, ses échecs, ses enthousiasmes. Le bouquet final a été l'inauguration, organisée en septembre, par une belle journée d'automne et un buffet bien sympathique.

Premiers bilans

Cette première application est tout à la fois une vitrine pour l'association et un lieu d'expérimentation et de mise au point du projet. Déjà se dessinent les atouts et les contraintes d'un tel programme... Il a été intéressant de constater, par exemple, que les propriétaires se sont rapidement montrés très satisfaits, aussi bien de l'aménagement de leur terrain que des relations mises en place avec les jardiniers. En outre, notre jardin n'est pas un îlot isolé : nous sommes au cœur d'un petit quartier résidentiel, et les voisins, les passants, se montrent curieux et intéressés par toute cette nouvelle activité. Non sans quelques difficultés parfois ! Nous avons fait quelques erreurs : des bruits de machines le dimanche, des périodes de laisser-aller où le jardin prenait un aspect un peu trop « bric et broc », des voitures mal garées… Une petite absence de communication également en démarrage du projet. Nous nous sommes alors rendu compte que, si certains riverains s'arrêtaient volontiers pour bavarder, nous questionner et même nous féliciter, d'autres s'interrogeaient, voire désapprouvaient une activité qu'ils cernaient mal. Cette situation, d'ailleurs, n'a pas été sans causer du souci à notre propriétaire, très affligée de se voir blâmée par certains…

Alors, ni une, ni deux, une « Fête des Voisins » était toute indiquée pour faire un geste symbolique, mais néanmoins fort, envers les habitants du quartier. Un petit buffet, préparé par les jardiniers, a permis à une bonne quarantaine de personnes de se rencontrer en toute amitié. La présence des élus municipaux, l'occasion de dialoguer, de faire visiter le jardin, d'expliciter le projet, a permis de lever des doutes, des non-dits, des aprioris...

Il est évident que le travail sur la rencontre et l'échange ne doit pas se cantonner à notre petit espace jardiné, et qu'au-delà, c'est avec notre environnement, à commencer par le plus proche, que les liens doivent se tisser. Nous retenons la leçon : la Fête de Voisins doit se ritualiser, et pourquoi pas, se synchroniser avec la date nationale, en avril, pour faire de ce jardin un vrai outil de convivialité au sein du quartier.

Autre point positif : la motivation et la bonne volonté des jardiniers sont élevées. Le choix d'un système individuel responsabilise et revalorise chacun dans sa parcelle. Toutes, dans l'ensemble, sont bien tenues, et les premières productions sont encourageantes. Les techniques bios, le tri des déchets domestiques pour le compost, l'utilisation et l'entretien des outils... se passent bien.
 
Ce qui demande le plus d'attention reste la dynamique de groupe : la présence de l'animatrice est en évidence nécessaire, pour susciter et entretenir l'esprit du collectif. La communication n'est pas simple, car chacun vient à son gré pour jardiner, et croise les autres au hasard des disponibilités.

L'organisation des travaux collectifs a tendance à passer, et c'est normal, en deuxième plan par rapport aux travaux que chacun veut faire « chez lui ». Certains non-dits, certaines rancœurs peuvent s'accumuler, pour des outils abîmés, des réserves d'eau vidées, des partages mal équilibrés. Ainsi, réunir les adhérents, organiser les tâches communes, transmettre les consignes et les messages, ouvrir et animer les discussions, générer de l'émulation et de l'esprit festif, développer les entraides et les échanges, proposer des activités nouvelles, informer sur l'actualité en matière d'environnement, inciter à la participation aux manifestations locales, etc..., telles sont les missions déjà mises en place et qui demandent à être développées de plus en plus dans le cadre de l'animation des jardins.

L'attribution des parcelles doit aussi rester de la responsabilité de la structure porteuse : maintenir la mixité sociale tout en garantissant une vraie neutralité ne peut se faire qu'avec des critères simples et objectifs, et en premier lieu, la chronologie des inscriptions. Un autre paramètre important, plus ou moins réalisable selon les cas, est de favoriser une logique de quartier, pour que le jardin se fasse par et pour ses habitants...

Le Jardin des Phacélies a vécu ces deux phases : l'époque "pionnière" a reçu indifféremment tous les habitants de Digne, mais au fur et à mesure des départs et des nouvelles inscriptions, et grâce aux autres jardins créés depuis qui diversifient les offres, le critère "habitant du quartier" peut s'appliquer et permettre une vraie dynamique locale.

  • Adresse : 7 b, chemin du Moulin, 04000 DIGNE